Le documentaire s’est bien gardé de remettre en question la façon dont les Français (les journalistes inclus) voient et consomment les médicaments. Ni une
critique globale de notre société mercantilisée. Pourquoi ? Ceux qui en profitent le plus sont les privilégiés. Et les journalistes font partie intégrante de ce « me too », je
veux m’en mettre plein les fouilles avec le minimum d’effort possible.
Les journalistes, c’est le site Décroissance (Institut d'études économiques et sociales pour la
décroissance soutenable) qui en parle le mieux :
« La lutte contre l’insupportable et insondable bêtise des journalistes de la télévision et leur œuvre de
crétinisation des masses est sans doute un défi plus lourd encore que le combat contre le réchauffement climatique. »
Le site consacre également une page "Insultes - Sottises", un florilège de
petites phrases crétines et pétries d'ignorance sur la décroissance. Un exercice que je pourrais aussi faire avec le thème des testeurs de médicaments et les journalistes qui m'ont contacté
depuis la sortie de mon ouvrage. Comme récemment cette journaliste de M6, au parcours scolaire révélateur du milieu
privilégié dans lequel la jeune femme a toujours évolué : Sciences Po, Lycée Montaigne, University of Connecticut, DESS de Lettres Modernes, Ecole de Journalisme… A la première
seconde de l'entretien, elle m'annonce (tous les autres l’ont fait avant elle, d’ailleurs) n’avoir pas lu mon livre : manque de curiosité et paresse intellectuelle caractéristiques, la
pigiste a déjà bien intégré sa profession !
Bardée de diplômes (payés par papa, maman) pour en faire quoi ? Cette journaleuse était seulement fichue de répéter en boucle
la même question « Et ça rapporte combien les tests de médicaments ????? ». Un ton condescendant ajouté au mépris non dissimulé pour ‘ces salauds de pauvres (chomeurs, rmistes) qui gagnent
du fric à tester des médocs’, « puisque qu’ils ont du temps à perdre à le faire », me précise-t-elle. Heureusement que les ‘salauds de pauvres ont du temps à
perdre pour daigner faire ce que les privilégiés ne feront jamais ! Et il faut même qu’un énième reportage sur ce thème les encourage à continuer - stigmatisation inclus, par un
savant dosage ‘cobayes’ et 'danger des médicaments testés’ - afin que cette jeune journaliste et ses confrères de la classe privilégiée puissent aussi continuer à les consommer, en
toute bonne conscience.