Samedi 7 novembre 2009
   

    Suite à mon billet "Roselyne Bachelot, la « pute » des labos"  , j’ai posté un commentaire (j’en poste  très rarement sur les autres blogs, manque de temps) sur le blog PharmaCritique en réagissant à son « Profiteurs de la peur ».


   
Ouah ! La philosophe de PharmaCritique aime la Critique, à condition que cela va toujours dans son sens. Pas très fair-play, pour une "philosophe" qui explique que son blog est "un espace d’expression libre sur la santé". Non seulement, elle a écrit un commentaire mensonger à mon encontre, mais elle a (courageusement) censuré ma réponse. J’utilise ce billet pour reproduire une copie  de mon commentaire non validé (et donc bien censuré) sur son blog.

Premier commentaire :

    « "Les profiteurs de la peur" ? Qui ? Les labos ? Ah bon ? Ces derniers temps, on nous farcit le cerveau de « Les médicaments nous mentent ! », « Les médicaments nous rendent malades ! », « Les vaccins nous tuent ! », etc
    Il y a bien des « profiteurs et des opportunistes de la peur », en effet.

    Au fait, je me souviens avoir lu, sur ce blog, le commentaire d’une Internaute qui disait avoir peur de mourir. Son commentaire faisait suite à un billet sur le vaccin Gardasil. Les profiteurs et les opportunistes de la peur…. Seulement les labos, bien sûr.
    Une vision très étriquée et toujours à sens unique.
    Les commentaires sont modérés, j’imagine que le mien ne passera pas. Les labos, ce sont des censeurs ! Ah bon ? Que les labos ? »

Son Commentaire :

    "Profiteurs de la peur" est le titre allemand du documentaire... Peut-être auriez-vous pu vous informer avant de poster ce commentaire assez étonnant. Etonnant parce que, si ma mémoire est bonne, vous m'avez contactée une fois dans des termes très différents. Je n'ai pas donné suite.
Le blog est resté le même, il ne me semble pas justifier la différence de ton. Mais je ne peux bien entendu pas comprendre votre motivation à ce moment-là puis maintenant, ni juger de ce qui a pu changer.
Libre à vous de penser et d'affirmer ce que vous voulez, je ne juge pas.
    Mon attitude à moi n'a pas changé. Je ne fais toujours pas de publicité, directement ou indirectement. Vous renvoyez à un site publicitaire, alors je supprime le lien, conformément à la "politique" de Pharmacritique.

Ma réponse censurée  :

    Je suis auteure et mon blog n'est pas de la "publicité" (sic!) , mais un blog d'auteur.
    Si un livre est de la publicité, vous n'hésitez pas à en faire pour celui de Boukris ou de Sonia Shah. Mon livre est sur l'expérimentation humaine, cela sonne trop "commercial" comme sujet, pour vous  ?

    J'ai cité le nom de votre blog, dans mon livre , j'avais repris un passage de votre présentation et je vous avais informé de ce passage (avec le nom du blog comme source) en  vous spécifiant bien que le but de mon message n'était pas que vous parliez de mon livre (je n'ai pas besoin de vous pour cela, j'ai une attachée de presse) - juste  de vous informer de ce passage (si vous voulez , je peux retrouver le texte exact  de  ce dit passage) - (J'ai  un peu la flemme de retrouver le texte, mais autant que je m'en souvienne, cela parlait de l'arrogance des médecins - ah, ah, c'est drôle après coup !)

    J'ai plus de 15 ans de réflexion sur l'univers des médicaments allopathiques et des labos. Les extrêmes se rejoignent toujours.
    Tout comme les labos, vous jouez sur la peur, puis, comme avec cette Internaute qui venait de se faire vacciner et qui vous écrivait qu'elle avait peur de mourir, après avoir lu votre billet contre le Gardasil, vous lui dites :

    "Non, mais pas tout le monde, seulement quelques individus vont subir des effets indésirables"

    Oui, très intéressant. C'est finalement le même discours que celui des labos. Car aucun labo, médecin, pharmacologue ne peuvent prétendre que les médicaments allopathiques et les vaccins soient exempts d'effets secondaires et d'effets indésirables.
    A qui profite ce culte de la peur (des médocs et des vaccins) ? Au final, cela profitera aux labos. Vous ne faites que reproduire et conforter la pensée dominante.

    Une perle tout de même, selon vous :  écrire un livre et animer un blog qui dénoncent les abus et dérives de l'expérimentation humaine (essais cliniques) , c'est de la pub ! En effet les extrêmes se rejoignent toujours dans leur arrogance et leur pensée unique.
    En conclusion,  je trouve malhonnête d'écrire ce que vous venez de faire, allégeant que je fais de la "pub", j'espère que vous aurez comme principe de publier mon commentaire comme droit de réponse à votre commentaire diffamatoire.
    J'attends de voir sur votre blog la prochaine "pub", quand le livre "Les médicamenteurs" sortira. Ah non, cette fois-ci, ça ne sera pas la pub d'un bouquin... juste une autre vision étriquée de ce qui vous arrange d'entendre ou de lire.


    Le Blog PharmaCritique jouerait-il  également sur le registre de la peur ? Nah ! Un site aussi intègre, impossible !

    Un coup d’œil à l’un de ses billets  sensationnalistes :  « Enquête en Grande-Bretagne suite au décès d'une collégienne peu après le vaccin anti-papillomavirus Cervarix »

    Comment PharmaCritique, a-t-elle illustré son billet ? Par la photo d’un cadavre ! Oh, bien sur, elle n’avait pas eu « la chance » d’avoir - en exclusivité - la « vraie photo » du cadavre de la gamine anglaise. Elle s’est juste amusée à piocher sur le web, l'image la plus trash pour illustrer cette collégienne. On ne nous expose pas du tout à un spectacle macabre de la peur ! Quel cynisme !

    Tiens, cynisme, un reproche que PharmaCritique fait souvent à la Pharma. La boucle est bouclée, et la preuve en est que les extrêmes finissent toujours par se rejoindre !


Photo d'illustration mise sur le Blog PharmaCritique et qui "illustre" son billet sur la mort  de cette gamine anglaise :


    Lorsque PharmaCritique se présente sur des sites, tel celui d’AgoraVox, comme une personne rationnelle - elle signe « Rationnellement vôtre » à la fin de son commentaire - c’est une fraude intellectuelle. On ne peut pas se prétendre rationnel et être, en même temps,  la victime des effets indésirables d’un médicament. Une victime militante, qui vit une croisade légitime contre un médicament, se positionne d’emblée dans l’émotionnel. Mettre en scène la peur - tel l’exemple de la photo du cadavre -  prouve bien que c’est tout, sauf du rationnel !



Par Michelle Julien - Publié dans : Pensée dominante
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Vendredi 6 novembre 2009
   

    Je visite parfois le blog PharmaCritique – mais de moins en moins souvent ces derniers temps. Même chose vers tous les sites ou blogs (prétendus) critiques à l’égard de l’industrie pharmaceutique et du "grand exploiteur capitaliste". Cette désaffection est d’abord liée à l’actualité saturante sur la vaccination. Je ne suis pas une pro-vaccination, cependant à écouter les anti, les labos se sont ligués à Satan et la mafia albanaise pour rouvrir les camps d’extermination. (Je conseille la lecture du livre de Michel Georget sur les vaccins, le meilleur et plus honnête en la matière)


    Puis arrive la publication d'un énième billet (pas du tout orienté) sur PharmaCritique intitulé : "Les profiteurs de la peur", dois-je le préciser, les « profiteurs de la peur » sont – bien sûr -  ces salauds de labos. Une vision cependant bien biaisée de l’actualité. Car ces derniers mois, on nous a truffé le cerveau de :

- « Les médicaments nous mentent ! ». La journaliste du documentaire « Les médicamenteurs » le sortira bientôt sous la forme d’un bouquin. Quand on tient un filon, on ne le lâche pas !

-  « Les médicaments nous rendent malades ! ».  Autre bouquin écrit par un toubib généraliste qui se plaint du rôle « commercial » des visiteuses médicales, assimilées à des racoleuses de bas étages. Précisons : les médecins n’ont aucune obligation à recevoir les visiteurs médicaux dans leur cabinet, et leur rôle commercial n’a jamais été caché par l’industrie pharmaceutique ! Cerise sur le gâteau : le livre est préfacé par un (ancien) grand professeur de médecine à la retraite (il a tout de même 77 ans), connu (il écume les plateaux TV) pour avoir  découvert sur le tard (très tard, en effet) que l’industrie pharmaceutique - pour laquelle il a collaboré de manière très fructueuse pendant des décennies et qui lui a permis de faire carrière (On n'obtient pas le statut de professeur de médecine, par hasard) - n’était qu’une industrie au service du…  profit. Tu parles d'une révélation !

- « Les médicaments nous tuent ! ». Je ne compte pas, ces derniers temps, les titres d’articles qui ont utilisé ce slogan sensationnaliste. On peut aussi le décliner en « Les vaccins nous tuent ! », au gré de l’actualité.

Il y a bien des profiteurs et des opportunistes de la peur – et ils  ne se comptent pas uniquement parmi ces salauds de labos.

     Mais revenons à Roselyne Bachelot. Je ne compte plus les billets et les articles la traitant de « pute » des labos. Sous prétexte, qu’elle a été une visiteuse médicale. Bachelot, était étudiante en pharmacie. En raison de difficultés financières, elle a dû exercer le métier (vil ? ) de visiteuse médicale. Je trouvais que cette information sur sa bio la rendait presque "humaine". Après tout, les Ministres de la santé sont généralement des hommes et médecins (un statut plus glorieux et rémunérateur que visiteuse médicale !). Au lieu de cela, les « anti » se sont déchaînés dans une escalade de qualificatifs toujours plus misogynes.

    La misogynie des « anti-pharma-critique » à l’encontre de Bachelot ? Pas si surprenant que cela finalement, lorsque l’on visite le blog de Philippe Pignarre. Pignarre : figure vénérée des « anti » allant des « anti » pharmaceutique aux « anti » capitalisme. Rappelons qu’il fut directeur commercial d’un grand groupe pharmaceutique, et ne s'est jamais fait traiter de « pute des labos », lui. Les putes, ce sont les visiteuses médicales, pas un directeur commercial qui, par ailleurs, est le fondateur d’une maison d’édition financée par l’industrie pharmaceutique. En parcourant la page d’accueil de son site, je tombe sur une invitation à « Penser le tourisme sexuel », un « excellent » (dixit Pignarre) article sur Contretemps. « Excellent » ?  - Un article qui banalise le tourisme sexuel ! J’y reviendrais sur mon autre blog.
Par Michelle Julien - Publié dans : Pensée dominante
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Dimanche 1 novembre 2009

    This article was originally written in French.  Many thanks to Tania Ricci for her translation (French version below the English one)

"Human lab rats: they're only animals"


    My name is Michelle Julien, I am the author of a book  about the people testing our drugs - the invisible, those whom consumers ignore or whose existence they'd rather ignore.
 

    I participated to about ten clinical trials in France and in the United Kingdom. In my book, I also included an investigation carried out in the USA. My first clinical trial dates back to 1995. I have therefore a 15-year watching experience of what is going on behind the scenes of drug development and on the attitude of media/general public towards the people participating to clinical trials. In a certain way, I am a voice that is never heard. Even worse, a voice that the media flout because it stirs our bad conscience up.
   
   A clinical trial aims at obtaining a full market approval for the tested pharmaceutical product - an authorization which is granted by the national agency for drug regulation, like the FDA in the USA. In other words, its finality is not to make a drug safer (as most consumers believe), but to allow the laboratory to market its product at the chemist's (so that the consumer may buy it). Consumers' belief is based on a cynical and utilitarian conception of medical research: they take pleasure in believing that Others (animals and humans) must sacrifice themselves (or be sacrificed) in order to eliminate all “danger” from a pharmaceutical product. This pharmaceutical product is swallowed by consumers to compensate for their lack of will to suppress an addiction to smoking, to junk food, to a sedentary existence... so as to better maintain a lifestyle which is always more “at risk” for health. 'Drug side effects? This is for the others!', the consumer thinks. People have the same attitude towards their own drug consumption (and their vision of human testing) than smokers have with tobacco danger. Less than a daily smoker over four considers that the risk of cancer associated with their own tobacco addiction is high. Smokers make up a strategy to keep a distance from risks ('tobacco, that's dangerous... for the others', for example). Drug consumers have the same logic: the person in danger is the one testing drugs, never the consumer, who buys the same pharmaceutical product. Drug side effects (shall we remind that all drugs have side effects?) concern other people, never oneself. 

   Which vision do people - and through them, the media - have of human testing? The general public believes and the media present drug testers as beings who are ready for anything – meaning that they don't have any respect for their own life –  to earn some money, whether the motivation is despair (unemployment, divorce, Third-World inhabitants) or, even better, that they are greedy for “easily” earned money. This is a very sordid and particularly sensationalist way to consider human testing, especially because clinical trials do not only come down to the first phase – namely the one concerning healthy subjects – which follows the preclinical phase (in vitro, animals) and precedes the phases of ill subjects (phases II and III).

   With superiority and a good deal of contempt, media call these testers “professional guinea pigs”, or even, in a subtler way, “professional lab rats”. These two expressions are used in a recent article “Perils of the professional lab rat” by Alison Motluk, published in the magazine New Scientist.  A choice of words proving how journalists love to dehumanize people taking part in clinical trials. This dehumanization is serious, because not only does it make abuses and test excesses on live and sensitive subjects (human and animal) more trivial, but it also influences consumers to distance themselves from those testing new drugs, by putting the human subjects in the same  “inferior” rank as animals. 'They are not like us. They are only animals'.

    'Motivated by the lure of money, would humans be testing - gripped by fear - a pharmaceutical product, with no consideration for their own life and health?', this is how the journalist Alison Motluk summarizes the issue, by taking a sick pleasure in exhibiting her guinea pig “witnesses”. A much more comfortable position than to become an “insider” by deciding to participate to a clinical trial to observe and to learn from the inside, instead of simply be happy to make telephone calls to “guinea pigs”, the buttock conveniently settled in the sofa! In the pharmaceutical world, there are “me too” copies, a very easy and lucrative replica of “blockbuster” drugs. In the journalistic microcosm, the same behavioral excess is adopted: repeating stories found in other more important newspapers. The Canadian Alison Motluk' article never evokes what is going on in her own country; however, her “investigation” symptomatically reuses the same data that her American colleague Carl Elliott mentioned in his article “Guinea-Pigging”, published in The New Yorker, on January 7, 2008. Easy shot. Sensational attention-catcher. To reproduce on a loop what has been read in other colleagues' articles (or on the Internet). The journalist selects the “right” witnesses, who will support her opinion. Without trying to understand, simply enjoying what complies with the mainstream idea. All articles about “professional lab rats” are copied from the same “model”, without ever hinting at the real problems and asking the right questions. Medical testing excesses should not be limited to the easy stigmatization of “the abuse of the too much money earned by these professional lab rats”.

     First of all, most clinical trials always focus on the same illnesses: type II diabetes, high blood pressure, cardiovascular diseases; illnesses linked to our lifestyle. In a society characterized by passive consumption, it is always easier to continue to force-feed people with drugs without showing them the human (and animal) cost for their unhealthy lifestyle treatment/preservation. The selection criterion (set by laboratories) for phase I healthy subjects “candidates” is a paradox inventory. They are predominantly men, while in the United States, 80 % of drug consumers are women. They are young men, while the tested drugs concern chronic diseases due to old age. Most of them are Blacks and Latinos, who belong to the category which is most excluded by the American health system. This health system is based on an immoderate consumption of allopathic drugs, the highest global rate (1),  but only for those who can afford them. And these well-offs, who are often the very same refusing a medical care system based on national solidarity, would consider it humiliating to be in the position of a “tester” candidate.

     What kind of shock would be needed to make people stop considering drugs as a trivial consumption product? An “immersion” experience, similar to the BBC programme Blood, Sweat and Takeaways , about what is going on behind the scenes of industrial food? Must the privileged replace the underprivileged in clinical trials? Concerning more specifically healthy subjects, the bottom of the problem is first of all that they are healthy. Shouldn't alternatives to the use of “healthy” humans be mentioned, instead of showing them off like freaks, as the society does, without ever calling their use into question?


(1). North America represents 48 % of global drug consumption, while France is at the first place in the European drug consumption chart.
Par Michelle Julien - Publié dans : Pensée dominante
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Vendredi 30 octobre 2009



    Reçu ce mail d’Alexandra Gonzalez, journaliste de la rubrique Santé de France Soir :


« À l’occasion de la parution du livre Bidoche de Fabrice Nicolino, nous allons faire paraître un dossier sur le sujet. Nous sommes à la recherche d'activistes anti-viande, pour recueillir leurs témoignages. Je me demandais si vous en connaissiez éventuellement, et si vous pouviez m'aider à rentrer en contact avec eux. Je peux vous assurer qu'il n'y aura aucune caricature, étant moi-même végétarienne depuis l'âge de huit ans (et j'en ai 23 ans aujourd'hui...!) »  <br />


    Ainsi, une journaliste promet de ne pas faire de « caricature » sur le végétarisme, parce qu’elle a elle-même adopté ce régime alimentaire. Ne pas être « caricatural », de la part de France-Soir, c’est un scoop ! Dommage qu’il n’en fut pas de même quand ce journal publia un article caricatural sur les testeurs de médicaments...

...J’oubliais, les journalistes font partie de cette caste de privilégiés qui n’a pas « besoin » de faire ça. Impossible (donc) pour un journaliste de ne pas traiter le sujet des essais cliniques de première phase sans tomber dans la « caricature ».


Par Michelle Julien - Publié dans : MEDIAS
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Samedi 24 octobre 2009
   


    Cette semaine, l’émission « C dans l’air » traitait du vaccin de la grippe A. En général, je zappe ce genre de sujet - je ne me vaccine déjà pas contre la grippe saisonnière, pourquoi le ferais-je pour une grippe A, Z ou X ? Assez de cette hystérie collective (et médiatico-économique, ou devrais-je écrire  de "santé publique") sur la grippe ou/et son vaccin, que les gens soient pour ou contre ! Car on entend aussi beaucoup de bêtises chez les anti.


    Néanmoins, au cours de l’émission,  mon attention se porta sur le discours du Dr Marc Girard, expert en pharmacologie pour l’industrie pharmaceutique, clamant avec forte conviction – le type est plutôt beau parleur et déjà bien rodé à la mécanique des médias - que "cette vaccination est scandaleuse car elle cible des personnes en bonne santé, alors que ces gens n’en tireront que des risques et aucun bénéfice."

    Cette définition peut s'appliquer à la méthodologie des essais cliniques de première phase : des personnes en bonne santé prennent un produit pharmaceutique (par voie orale ou en injection) sans aucun bénéfice pour eux – puisqu’ils sont en bonne santé – et subissent tous les risques : ils sont les premiers humains testeurs, après les animaux, et subissent des tests toxicologiques ou de sécurité (les autres appellations de la phase I).

    J’ai contacté cet éminent expert pour  recueillir son opinion sur la légitimité – en terme de considération éthique – des essais cliniques de phase I. Sa réponse stéréotypée se calque sur  celle de tous les « experts » autorisés de la question.

- « je pense que la légitimité des phases I pourrait se discuter avec des médicaments véritablement innovants. »

- « Je juge aussi fondamental la question du "consentement informé". »

    Mes commentaires à ses réponses :

    Concernant la « légitimité » d’un test toxicologique sur humains en bonne santé, seulement pour les molécules « innovantes » : c'est un écran de fumée. L'exemple du protocole TGN 1412 concernait une molécule  'first in class' , et non pas une énième copie ‘me too’. Et c'est même finalement rassurant pour un participant de phase I, de savoir qu'il n'est pas le tout premier humain à tester une molécule "innovante". C'est moins "risqué" pour lui... et le labo (voir mon autre billet ICI). Y aurait-il donc des sacrifices utiles (un testeur blessé ou mort, après l’absorption d’une molécule  "innovante"), et des sacrifices inutiles (un testeur blessé ou mort, après l’absorption d’une molécule "non-innovante") ? Il n'y a aucune légitimité à se complaire dans l'acceptation que des gens en bonne santé doivent se sacrifier (ou être sacrifiés) pour le "bien" du plus grand nombre.

    Concernant la "question du consentement informé",  c'est de la tarte à la crème. La vaste majorité des participants de phase I n'ont aucune connaissance médicale. Ils ne comprennent pas "le but de la recherche" (chapitre inscrit dans le doc de consentement). D'autant plus qu'ils sont de toute façon en bonne santé. Ils sont simplement conditionnés (merci, les médias !) et résignés (médecine
orthodoxe) à faire ce que les privilégiés ne feront jamais. Puisque fondamentalement, les participants  à la phase I, sont, pour la majorité, des gens avec des difficultés financières (à des degrés plus ou moins divers) et entrent dans la catégorie des personnes vulnérables. La "question du consentement informé" devrait  inclure la seule participation des personnels de santé prescripteurs de médicaments : médecins, pharmaciens, pharmacologues.

    Le Dr Girard prétendant ne pas comprendre ou plutôt cherchant à éluder mon raisonnement, je le mis face à la problématique suivante :

    « Vous décidez de participer à un essai clinique de phase I.  Le recruteur vous propose deux protocoles qui correspondent à vos périodes de disponibilité. Le premier protocole : on vous explique que vous êtes le tout premier testeur humain, il n'y a que des données collectées sur les animaux (typique d’un protocole sur une molécule « innovante »)- Le deuxième protocole : c'est un protocole mixte (les femmes sont aussi acceptées), avec des personnes de plus de 60 ans (les protocoles de phase I s'arrêtent généralement à 45 ans). Il y a déjà eu des données collectées sur d'autres humains et même sur des malades (typique d’un protocole sur une molécule « best in class » que l’on cherche à améliorer ou un « me too »).  Vous préférez participer à lequel  des deux ?
» - Ai-je besoin de spécifier lequel est le plus risqué des deux  ?

    Le Dr Girard n’a pas daigné répondre à ma question. Pourquoi le ferait-il d’ailleurs ? Jamais il ne s’est retrouvé confronté, et ne sera jamais confronté au « besoin » de participer lui-même à un essai clinique de première phase. Ni lui, ni ses enfants. Dommage, car il semble monter au créneau contre la dictature de la pensée (unique) médicale, seulement quand la « vie » de ses enfants est en jeu. En effet, il aime raconter aux journalistes que c’est parce qu’il ne voulait pas que ses enfants aient le vaccin de l’hépatite B, qu’il a commencé sa croisade contre ce vaccin. Faudrait-il que ce médecin apprenne qu’un de ses gosses se soit fait enfermer dans un centre d’investigation clinique -dans le but de se payer le permis de conduire - et y subir l’expérimentation d’une molécule « innovante », pour qu’il consente, cette fois-ci, à me donner sa réponse.

    Pendant nos échanges de courriels, le Dr Girard a eu une attitude non seulement condescendante (bah, de la part d’un toubib…), mais également méprisante. Il faut dire que l’univers de ce médecin est tellement étranger à celui du « monde ignoré des testeurs de médicaments ». Un monde de « cinglés », c’est l’expression consacrée par notre éminent expert de l’industrie pharmaceutique, et qui ne fait - une nouvelle fois - que se conformer à la pensée dominante (médias, grand public, médecine orthodoxe). La tactique du déni, lorsque l’on est confronté à un nouveau raisonnement qui remet en question la pensée dominante, c’est d’abord de l’ignorer, ensuite de s’en moquer. Précisément l’attitude qu’a adoptée le Dr Girard (et les autres « scientifiques ») à mon égard. Pourtant, j’imagine que ce médecin avait également subi la même tactique implacable pendant sa croisade anti-vaccin de l’hépatite B.


Par Michelle Julien - Publié dans : Pensée dominante
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Dimanche 20 septembre 2009
  
 
     J’ai le plaisir de vous présenter  mon nouveau blog Des souris et des salopes.



Pas d’inquiétude, je n’oublie pas pour autant mon blog des testeurs !


Par Michelle Julien - Publié dans : blah blah
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Mercredi 29 juillet 2009


   L’un des meilleurs antidépresseurs au monde ! Efficace  et sans effets secondaires - à l’exception de crampes abdominales -  la BD « Corrida pour une vache maigre », de Godard et Mic Delinx.


        " Rigoureusement spécialisé, mais en n’importe quoi. Selon les cas, psychiatre, masseur, pédiatre ou acupuncteur, ses connaissances sont à peu près nulles, et son culot immense. Obtient de très bons résultats. "


Par Michelle Julien - Publié dans : blah blah
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Lundi 13 juillet 2009

"Répétez un mensonge mille fois,


il devient une vérité." Hitler

Le journal Publico a écrit un article Los ensayos de la polémica   pour annoncer la parution espagnole du livre « The Body hunters » de la journaliste américaine Sonia Shah.


      Rappel : le livre sur les essais cliniques de troisième phase délocalisés dans les pays émergents de Shah, a été publié en français sous le titre sensationnaliste Cobayes humains, le grand secret de l’industrie pharmaceutique. Le terme « Cobayes humains » renvoie à la préconception occidentale que l’Indien participant à un essai clinique est forcément une victime animalisée, puisqu’il n’est pas aussi « civilisé » que le Caucasien. « Le grand secret de l’industrie pharmaceutique », l'expression copie le lucratif blockbuster de Pignarre, alors que les essais cliniques délocalisés ne sont pas une information cachée par l’industrie pharmaceutique. Plutôt une information que le consommateur lambda veut se cacher. Dès les premières pages de son livre, Shah reconnaît que les protocoles médicamenteux les plus invasifs sont délocalisés, car aucun occidental – notre journaliste américaine inclus - ne veut se porter « volontaire »… pour ce genre de tests. Les occidentaux préférant la tâche moins « avilissante » qui consiste à l'ingestion consumériste de petites pilules. Bien sûr, cette délocalisation se justifie aussi par un gain de temps et donc d’argent pour l’industrie pharmaceutique. Un comportement sociétal et, pas seulement propre à l’industrie pharmaceutique. Après tout, les parents de Shah, médecins indiens ont choisi de faire une carrière médicale bien plus lucrative aux US plutot que de rester au pays soigner les indigents.

Selon Publico, « En Europe, la rémunération est très limitée et la majorité des participants sont recrutés dans les facultés de médecine »

     De quelle Europe parle-t-il ? Quelles sont les sources de telles allégations ? Avant tout, les sujets malades de la troisième phase des essais cliniques n’ont pas une « rémunération illimitée », mais pas d’argent du tout (comme les occidentaux de la deuxième phase). Leur motivation tient à l’absorption gratuite d’un médicament. Et dans un pays comme l’Inde, quand on n’a pas les moyens de se payer une assurance médicale, l’absorption « gratuite » d’un médoc vaut de l’or. Aux pays émergents d’instaurer un système public de santé basé sur la solidarité nationale en vue de l'accès aux soins pour tous, s’ils ne veulent (vraiment) plus que leurs populations les plus défavorisées/vulnérables servent de « cobayes » aux labos occidentaux. Mais cela arrange aussi les économies de ces pays qui y trouvent largement leur compte. Concernant le fait que les participants européens soient « en majorité recrutés dans les facultés de médecine », ce journaliste n’a donc jamais entendu parler des CRO ? Ces organisations recrutent en Europe et aux US, pas seulement dans les pays «  autres » ! Manifestement, ce journaliste – un de plus –  se permet d’écrire sur un sujet qu’il ne maîtrise pas, recopiant/compilant les articles des autres confrères, sans même chercher à vérifier si ce qu’il écrit n’est tout simplement pas une reproduction facile de mythes sur l’expérimentation humaine.

Le problème majeur avec les journalistes est leur propension à une paresse crasse doublée d’un manque éhonté de curiosité. Le coup facile. l’accroche sensationnelle. Reproduire en boucle ce qu’ils viennent de lire chez d’autres confrères (ou sur Internet). Même si c’est un tissu de mensonges. L’important n’est pas ce qu’ils veulent comprendre - imbus de leur personne, ils croient déjà tout savoir -, mais ce qui leur plaît d'entendre. Au chapitre « Le rêve américain », mon alter ego d’outre-atlantique explique que :

     « Partout dans le pays, les journalistes ne font que simplement répéter les histoires qu'ils ont trouvées dans d’autres journaux plus importants. » 

C’est ainsi que les articles sur les mêmes  protagonistes se relaient de presse en presse. Le blog zarabes.blogspirit.com offre un  questionnement pertinent sur le rôle du journaliste :

     « À quoi sert un journaliste s'il ne fait que reprendre la pensée dominante ? Son rôle semble aujourd'hui à se restreindre à ramener les "bons" experts qui sauront appuyer sa vision des choses. Les exemples récents mettent en exergue deux biais d'une profession qui n'arrive pas à repenser son métier. C'est d'abord le fait de sélectionner et de diffuser uniquement l'information que le public veut entendre. Le deuxième biais, peut être plus dangereux, ce sont les omissions volontaires ; ou le plus important n'est pas ce qui est dit mais plutôt ce qu'on oublie de dire. »

L’un des « exemples récents » donnés par zarabes.blogspirit.com  est l’affaire (ou syndrome) Omar Ba.

Itinéraire d’un opportuniste gâté


"Plus le mensonge est gros,

et plus les gens y croient."  Goebbels
   
Omar Ba était étudiant en sociologie au Sénégal – la preuve d’une appartenance à un milieu social favorisé – mais, les journalistes ont choisi l’angle émotionnel et stéréotypé du « petit-fils d'un lépreux sénégalais
(20 minutes)», et « deuxième d’une fratrie de neuf rejetons (L'Express)» - Ah, la fameuse bite des noirs qui copule à tout va ! Heureusement, Ba avait la convenance de se présenter aux castings journalistiques « en costume et portable glissé dans la poche intérieure (20 minutes)» - et non en boubou traditionnel et tam-tam ?  Il symbolise le gendre/immigré idéal pour la ménagère toubab et les autres : visage aux traits juvéniles, peau vierge de scarifications tribales, pas d’accent étranger (trop) prononcé, yeux rieurs et non injectés de sang. Cerise sur le gâteau : victime héroïque, sociologue au CRNS et écrivain. Ah, si tous les immigrés/Africains étaient comme lui !

     Omar Ba, écrivain ? Cinq années d’une vie très « difficile » sur le territoire français en faisant la plonge, la nuit, dans des établissements sordides, et pourtant Ba en est à son quatrième ouvrage… tout en menant de front de brillantes études en sociologie et un engagement humanitaire avec l’ONG Action Contre la Faim. Chapeau, l’artiste !

* Mai 2006 : « Pauvre Sénégal » est publié sur Manuscrit.com, un site de publication en ligne et dont l’éditeur fait plutôt figure d’imprimeur/distributeur. Le livre fustige le gouvernement sénégalais, le même qui, trois années auparavant,  lui avait octroyé un visa d’étudiant et une bourse d'études pour continuer la sociologie dans une université française. Un mois après la « sortie » online du livre, Omar Ba se plaint sur des sites africains qu’il est victime (déjà) de censure par le gouvernement sénégalais : Lire ICI son  poignant plaidoyer d’homme persécuté par « le Sénégal qui l’empêche de s’exprimer et dont le livre est interdit de commercialisation au Sénégal ». Le post date du 24/06/2006. A cette période, Ba rencontrait des difficultés à faire renouveler son titre de séjour, mais le livre passant inaperçu, le coup de l’immigré politique persécuté par son gouvernement tombe à l’eau.

* Octobre 2006, Ba récidive avec « La France, une république ? : Le racisme au sommet », aux éditions Klanba. Cette fois-ci, Ba est victime non plus du Sénégal, mais d’une France  « raciste et qui fait la chasse aux sans papiers ». Encore un bide, Ba n’arrive toujours pas à faire entendre sa voix d’homme opprimé.

* C’est alors qu’il s’invente le personnage du clandestin miséreux parcourant le désert nord-africain à pied et la mer Méditerranée en pirogue. Héros intègre qui lui - pas comme Mourad, le costaud - 
refuse de jeter ses compagnons par-dessus bord, même quand ils sont morts, même quand l’odeur de leurs corps putréfiés l’indispose. Le livre « Soif de notoriété » présenté comme un «  témoignage authentique »  fera l’objet d’une mise en scène poignante  au magazine 7 à 8 sur TF1, en mai 2008. La machine médiatique s’emballe. Tous les journaux - même Le Monde de l’époque - encensent cette victime héroïque « assoiffée d’Europe ». Le premier a avoir compris et démonté la supercherie est l’écrivain Bathie Ngoye Thiam.  Comment s’est-il pris pour révéler au grand jour les incohérences et absurdités du récit de Ba ? Une longue et coûteuse enquête d’investigation de plusieurs mois  qui  l’a menée en Libye, Maroc, etc ? Que nenni ! Bathie Ngoye Thiam n’a fait que LIRE, j’écris bien, LIRE le livre d'Omar Ba. Une chose que ne font jamais les journalistes. Étant moi-même auteur, je peux certifier qu’un journaliste peut vous inviter dans une émission de radio, TV et même écrire un texte élogieux sur votre livre, sans avoir daigné prendre la peine d'en lire le contenu. Ce qui intéresse le journaliste n’est pas ce que l’auteur écrit, mais s’il est un bon client : « témoin choc », mais qui va dans le sens du journaliste ou de « la pensée dominante », comme l’écrit zarabes.blogspirit.com.


« Fake You » ou le degré zéro de la culture  consumériste

    Devenu une icône médiatique, Omar Ba est  - naturellement - approché par les éditions Max Milo, et c’est naturellement qu’il calque son livre sur un style « Max Milonien » : la marque de fabrique de cet éditeur étant de prétendre « soulever des tabous », une accroche vendeuse auprès des libraires et des journalistes. Quels sont les « grands tabous »  du livre « Je suis venu, j’ai affabulé, je vous ai bien eu » ? Un Africain, quand il vit au Sénégal, se plaint d’avoir la tête farcie d’images idéalisées de la France, à travers les séries TV acidulées genre « Sous le soleil » ? L’Européen moyen peut faire la même remarque avec les séries américaines Beverly Hills, Friends ou Le prince de Bel-Air !  Puis, lorsque notre Sénégalais débarque en France, il découvre la misère des Blancs… toujours à travers des reportages TV sur des français surendettés. Heureusement que la télé existe pour faire connaître la condition des Français à Ba, vivant lui-même depuis plusieurs années dans ce pays ! « Les Français sont endettés et les étudiantes sont pauvres et mangent des pâtes ». Le discours a décidemment bien changé depuis « la France, cette patrie assoiffée de racisme », de son précédent livre « France, une république ? ».  Le ton misérabiliste fait aussi partie de la marque de fabrique Max Milo, cet éditeur passé maître dans l’art de la manipulation émotionnelle et victimaire : témoignage du clandestin rescapé qui ne veut pas que d’autres clandestins meurent pendant leur traversée en pirogue, témoignage de la maman dont la fille s’est suicidée, témoignage de la maman qui aide sa fille à mourir (l’émission 7 à 8 de TF1 filmera son témoignage, assise sur le lit de la chambre à coucher, une boite de kleenex sur les genoux),
témoignage de l’étudiante, désespérée devant son pot de Nutella vide, en vient à se prostituer…

   La plupart des journalistes appartiennent à une classe sociale privilégiée. Leur condescendance de bons bourgeois est formatée à penser que les pauvres sont prêts à tout, même les choses les plus avilissantes, puisqu’ils sont pauvres, eux. Le Noir Africain est prêt à toutes les horreurs les plus rocambolesques, comme boire du gasoil après avoir expulsé vivants de la pirogue, d’autres compagnons d’infortune. L’étudiante - forcément pauvre - préfère se prostituer plutôt que de « subir la honte d’aller aux Restos du Cœur », ou de mettre entre parenthèse pendant un an ses études, en travaillant à plein temps. Le point commun entre Omar Ba et « Laura D » - en dehors du fait qu’ils appartiennent à la même fabrique Max Milo, - est l’emballement médiatique autour de leur « poignant  témoignage », sans jamais remettre en question leur parole sacralisée. Tel que le soit disant chiffre de « 20 000 et 40 000 étudiantes qui se prostituent » en même temps que notre "Laura", repris dans toutes les rédactions.


    Anne Vidalie, « l’enquêtrice psychorigide » de L’Express, qui publia tour à tour les « bonnes feuilles » des livres de Laura D et d'Omar B, se lamente : « Omar m’a berner ! ». Sa consoeur Juliette Cua veut la rassurer  (ou la dédouaner)  :

        «  L'imposture littéraire est chose courante. C'est souvent le critique qui flaire le piège. »

Mais cette « critique » ne vient jamais des journalistes, puisqu’ils ne se donnent pas la peine de lire les livres, et se contentent de reproduire les bonnes feuilles, choisies par les attachées de presse des éditeurs. Lorsque l'on parcourt les critiques sur un célèbre libraire américain en ligne, à propos du livre de Laura D, on ne peut qu’approuver les remarques de cette journaliste :

     "Je viens d'achever la lecture de ce faux livre, et je suis affligé. Pas tant du style inexistant que de la narration navrante, prétexte à jouer sur un misérabilisme morbide. Lorsque l'on lit ce qui nous est présenté comme un document, on acquiert la certitude que c'est un homme qui a écrit ce faux malhabile tant les situations sont bien loin du réel. Il est tout à fait navrant de jouer sur une situation qui, hélas, existe, pour en faire un non-livre plus destiné à faire du chiffre d'affaires qu'à nous éclairer sur un vrai problème de société."

    "Je doute fort de la véracité du récit présenté comme une histoire vraie. Même si je ne mets pas en doute l'existence de telles pratiques, je trouve étrange ce récit où soit disant laura ne souhaite pas au départ du livre trop en dire de peur qu'on la reconnaisse... et au final la multiplication des détails ne fait que la pointer du doigt pour d'éventuels proches !!"


Au final, l’industrie des médias répond à une demande : aller dans le sens du consommateur avide d’articles et de livres sensationnels/émotionnels. Les éditeurs sont des commerçants. Les journalistes se comportent comme des commerçants. La véritable origine de ce « syndrome Omar Ba » est la « demande » du public. Deux commentaires lucides d’Internautes pour conclure ce (long) billet :

Commentaire sur le site du Monde :

     « Le "témoignage de victime" est à la mode (on imagine mal le succès en librairie du témoignage d'un fonctionnaire de la police de l'air et des frontières). Si M. Ba avait fait une véritable oeuvre littéraire de fiction à partir de son expérience et d'autres, aurait-elle eu autant de succès? »

 Commentaire sur le site Arrêt sur images :

     « Bathie Ngoye a fait un beau travail. C'est d'autant plus agréable qu'il ne se contente pas de rétablir la vérité: il blâme également la mythomanie. Au delà du mensonge, c'est aussi l'aspect lucratif et insultant qui est détestable dans ce livre. Il a aussi pleinement raison sur cette phrase:

    Citation:
    Le problème de fond, c'est qu'Omar Ba disait aux médias occidentaux ce qu'ils voulaient entendre.
 
   Ce n'est pas que sur l'immigration. Plus généralement, c'est l'idéologisation des victimes. On adore les victimes, c'est devenu une passion, un but. Pour être écouté, admiré même, il faut être une victime. La vérité passe bien en dessous de cette sacralisation. On nous sert de la victimisation en louche et à force de compatir à n'importe quoi, on risque bien de ne plus compatir aux histoires tristes et vraies (comme celles de Kingsley). »




Génération "Fake You" - C’est le cas de le dire !

Par Michelle Julien - Publié dans : Pensée dominante
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Mardi 7 juillet 2009


     Hier soir, très intéressant documentaire Space Dogs sur BBC four. Pendant la guerre froide, les Soviétiques et les Américains s’affrontaient pour envoyer le premier homme dans l’espace. Les Soviétiques apprirent que leur ennemi utilisait des chimpanzés. Pour se faire une opinion, des scientifiques se rendirent dans un cirque observer des numéros avec des singes et demander conseil auprès de circassiens. En observant également des numéros de chiens et se rappelant les fameuses expériences du compatriote Pavlov, le choix se porta sur la race canine.  

Près de 40 chiens ont servi à la conquête soviétique de l’espace. Plus de 20 en sont morts. La plupart dans d’atroces souffrances, comme la chienne Laïka qui agonisa pendant plus de 2 heures avant de mourir.






Par Michelle Julien - Publié dans : blah blah
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Dimanche 5 juillet 2009


     J’aborde le thème de l’expérimentation animale au chapitre « Remplacez mon fils par un rat ! »

L’expérimentation animale n’annule pas, mais précède l’expérimentation humaine. Et l’expérimentation humaine existe car les résultats obtenus chez l’animal ne sont jamais transposables chez l’homme. L’humain est et restera le meilleur modèle pour sa propre espèce. L’expérimentation animale est non seulement injustifiable d’un point de vue éthique. C’est une méthodologie scientifiquement obsolète autant qu’un frein à l’innovation médicale. Dans son article « Médicaments : peut-on encore innover ? », Céline Deluzarche s’étonne :

     « Les tests sur l'animal ne sont validés que parce qu'ils ont déjà été efficaces pour d'autres molécules testées sur l'homme. Contrairement à ce qu'on imagine, ce sont des essais cliniques sur les humains qui permettent de déduire une valeur prédictive aux tests sur les animaux ! Parfois, les tests sur les animaux sont même contradictoires aux études biologiques. Bref, c'est un vrai risque pour les laboratoires, qui préfèrent souvent se rabattre sur du "connu" en cherchant à l'améliorer… autocensurant ainsi leurs propres capacités d'innovation. »




L’expérimentation animale est un chantage émotionnel

Par Michelle Julien - Publié dans : Présentation Livre
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